Projet en cours

SERIE PHOTOGRAPHIQUE "Consolation"

Hauts-de-France

Belgique

Pays-Bas

Suivant le fil de l’Escaut, entre France, Belgique et Pays Bas,

la série« Consolation » s'attache à au patrimoine vernaculaire inscrit dans un processus de dislocation des matrices qui ont longtemps structuré nos pays et où les repères traditionnels ont volé en éclats; Un basculement anthropologique d'une ampleur inédite dans l'histoire récente. 

 

Ces édicules témoignent d’une conquête, le christianisme, ce dogme qui apportait des réponses précises à toutes les questions qui agitaient le monde. 

Néanmoins, par leur fragilité, ils nous font éprouver une sorte de sympathie secrète.

Ce petit patrimoine transcrit les mouvements de notre civilisation. 

Son portrait documente la transformation des paysages, directe conséquence de l’industrialisation ou de la mondialisation. 

Depuis notre ère, l’homme pouvait remettre son destin entre les mains de Dieu, la femme trouver refuge dans un « béguinage », mais depuis la politique républicaine française, ils peuvent également «Suivre leur étoile», «croire au père noël» ou choisir un «coach personnel»…

«Chez Monsieur le Docteur», on lévite dans un contexte de gentrification rurale, 

«Zonage» montre la voie de la périurbanisation.

« Orthodoxe ? », «Notre-pain quotidien» et «Non d’une frite !» côtoient des modèles de consommation liées aux densités de population.

Sur d’autres terres affligées par les épidémies, les guerres et autres conflits, on se demande si ces édicules nous protègent encore des maux d’aujourd’hui ?

 

Pendant que «Notre-Dame du Bon Air» suffoque, « Sea You» propose des modes de transports écologiques, tandis que «Pecq 1770» guête le souffle croissant des transitions énergétiques. 

Quant à la «Chapelle Solaire», avare de divine lumière, elle nous laisse espérer que, l’homme, toujours en quête de progrès est à même de reconstruire un nouveau monde pour demain...

Pour la série « Consolation », 

j’ai puisé mon inspiration aussi bien dans la mission photographique de la DATAR que dans les installations autobiographiques de Sophie Calle.

Puis j’ai eu une révélation à la lecture de la lettre « Consolation à Helvia » de Sénèque le philosophe.

                                                    ***

Dans ce corpus , j'ai exploré la relation entre la matérialisation des croyances populaires contenues dans les petites chapelles particulières qui foisonnent depuis des siècles le long de l’Escaut et mes propres racines culturelles.

Sous forme de diptyques ou triptyques ,

j'ai sondé le pouvoir évocateur de ce patrimoine vernaculaire puis j'ai composé des mises en scènes à partir de divers objets m'appartenant, pour raconter tour à tour, les liens que je perçois entre les drames à l'origine de l'édification de ces petits monuments et les faits marquants de ma petite existence.  

 

Comme dans un journal,  se tisse un récit intime qui se livre à mes proches de l’autre côté de l’Atlantique, mais qui admet qu’en calculant la somme de tous les bienfaits acquis sur la distance parcourue, je réalise en terres lointaines que rien ne fut plus enrichissant et salvateur que mon exil…

" 20 Décembre 2017 dans l'entité d’Estaimpuis,

 à quelques 500 mètres de la frontière Franço-Belge.

Etrange brouillard du nord, frimas sur les terres,

mais pas un flocon de neige à l’horizon. 

Je suis un peu triste de passer les fêtes loin de ma famille,

encore une fois. 

Mais bien accueillie chez mes nouveaux beaux-parents, j’ai bon espoir que la « magie de Noël » va s’opérer tout de même. 

En attendant, je photographie le plat pays qui n’est pas le mien…

 

A quelques pas de la maison de la famille André, j’aperçois cette petite chapelle de pierres blanches immaculées au portail bleu azur et à la toiture métallique frisée de fleurs de Lys.  

Elle me rappelle le drapeau Québécois !

«Je me souviens» ; 

une vision de chez moi, apparue comme un lot de consolation à un moment où j’en avais besoin.

Je la photographie, puis, flashback. Je me revois au bout de la rue où j’ai grandi, devant la chapelle Saint-Anne de Varennes.

J’adorais cet endroit. C’était mon refuge, ma cachette secrète. 

Si ce lieu, si banal pour les habitants du quartier, m’a ramené à la petite fille que j’étais à une période trouble, je me suis demandée si d’autres petits monuments auraient des pouvoirs évocateurs  ?  

C’est à partir de cette question que je suis partie à la chasse aux chapelles, comme d’autres dans ce pays sont allés à la chasse aux sorcières…"